Ameirus melas

Le poisson-chat est une espèce de poisson classée EEE (Espèce Exotique Envahissante), susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques, introduite en France vers la fin du XIXème siècle. Il appartient à la l’ordre des siluriformes, tout comme le silure. Cette espèce est omnivore et se nourrit majoritairement sur le fond. Le poisson-chat commun peut mesurer entre 15 et 20 cm pour 100 et 300g en moyenne. Sa coloration est claire sur la face ventrale et foncée sur le haut du corps (vert, gris, noir), il possède 8 barbillons qui lui permettent de détecter sa nourriture et se repérer dans son milieu.

Le poisson-chat vit surtout dans les eaux calmes et peu profondes : étangs, canaux, lacs et rivières lentes. Il préfère les fonds vaseux ou sableux, riches en matière organique, où il peut se nourrir. Très tolérant, il supporte de faibles taux d’oxygène et des températures élevées, ce qui lui permet de coloniser de nombreux milieux, y compris les plus dégradés. Il se cache souvent dans la végétation dense, les fosses ou les zones encombrées, qui lui servent d’abri.

La reproduction se passe au printemps et nécessite une eau à 18°C. La ponte est réalisé dans un nid sur fond sablo-limoneux et est ensuite protégée par les parents. Au bout de 7 à 10 jours, les œufs vont éclore et les alevins vont ensuite évoluer en groupe de plusieurs centaines d’individus afin d’assurer leur survie. Les parents continueront de protéger les alevins pendant quelques jours après éclosion.

Comment lutter contre les poissons-chats dans un étang ?

Il existe plusieurs solutions pour se débarrasser de ce poisson, nuisible. Certaines sont plus efficaces que d’autres et leur mise en œuvre dépend notamment de la taille de l’étang et du niveau de colonisation. Il est donc possible de combiner plusieurs méthodes afin d’obtenir de meilleurs résultats :

  • La première solution consiste à poser des nasses avec des appâts, afin de capturer les poissons-chats. Cette technique permet de réduire progressivement leur population, mais elle nécessite toutefois du temps et de l’énergie pour installer, relever et entretenir régulièrement les nasses. Elle peut néanmoins être intéressante lorsque la population reste limitée.
  • Une autre solution, plus ludique, serait d’organiser des concours de pêche au coup afin de réduire la population grâce à l’aide d’autres pêcheurs. Cette méthode permet de retirer un grand nombre d’individus tout en mobilisant plusieurs personnes. Elle reste cependant dépendante de la motivation des pêcheurs et de leur capacité à capturer efficacement les poissons-chats.

Ces deux méthodes ne permettront pas d’éliminer complétement la population, mais elles pourront contribuer à limiter leur prolifération et à la maintenir à un niveau plus faible. Une approche complémentaire qui pourrait s’avérer efficace serait d’utiliser la lutte biologique, notamment avec l’introduction de black-bass dans l’étang, qui est un prédateur naturel du poisson-chat.

Le black-bass va principalement chasser les alevins et peut occasionnellement consommer les œufs de poissons-chats afin de se nourrir. Cette prédation permettrait ainsi de limiter le renouvellement de la population et de réduire progressivement le nombre d’individus présents dans l’étang. Attention toutefois : les poissons-chats ne disparaîtront pas pour autant, mais leur nombre pourra être fortement diminué et leur impact sur l’écosystème amoindri.

La dernière solution, qui est la plus efficace pour éliminer les poissons-chats, consiste à réaliser un assec de l’étang suivi d’un chaulage (chaux vive). Cette méthode permet de mettre l’étang complètement à sec et de traiter ensuite la vase afin de s’assurer d’éliminer totalement les potentiels poissons encore présents. Elle nécessite cependant une certaine préparation et doit être réalisée dans des conditions adaptées.

Un assec seul ne suffira pas nécessairement, car les poissons-chats possèdent une capacité de survie hors de l’eau particulièrement importante. Ils peuvent notamment rester vivants dans la vase humide et profiter du moindre filet d’eau pour survivre. Le chaulage permet alors de compléter l’assec en assainissant la vase et en éliminant les poissons qui auraient réussi à survivre malgré la mise à sec de l’étang.

Le chaulage à la chaux vive a un effet désinfectant rapide, permettant d’éliminer les indésirables et potentielles pathologies. Pour que celui-ci soit efficace, et uniquement dans le cas d’une désinfection obligatoire, il faut compter entre 500 et 600kg/ha de chaux vive. Attention lors de l’utilisation de la chaux vive ! Prévoyiez un jour sans vent et des protections (gants et masques).

Dans le cas d’un chaulage classique, il faut préférer utiliser du carbonate (chaux éteinte) à hauteur de 500 à 800kg/ha (à adapter à chaque étang en fonction de la qualité du sol et de l’eau). Le chaulage après assec, sur des étangs forestiers par exemple, permet de stabiliser et augmenter le pH de l’eau, permettant ainsi une meilleure production naturelle de phyto et zooplancton, et donc une meilleure croissance des populations piscicoles.